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La mitre

Télémachos N. Veletis

Dans la suite de notre travail, nous nous étendrons sur un autre vêtement liturgique par excellence épiscopal conférant du prestige car, de même que l'autorité séculière suprême, l'empereur, portait sur sa tête la couronne qui devint au fil du temps de plus en plus impressionnante, ainsi la mitre, issue de la couronne impériale, conférait du prestige à l'autorité ecclésiastique suprême du patriarche. Il va donc de soi qu'un accessoire si important qui était destiné au début au rang ecclésiastique suprême ait été considérablement influencé par la couronne impériale, aussi bien pour sa forme que pour son ornementation impressionnante. Suivant la majorité des chercheurs, la mitre constitua de manière erronée un de plus recents accessoires modernes de la tenue épiscopale. Son origine présente un intérêt particulier vu que les opinions divergent entre les chercheurs, ce qui constitue un défi au futur chercheur car ces opinions sont en assez grand nombre et ne sont pas dépourvues d'arguments, ce qui contraint ici l'auteur à procéder à leur analyse la plus détaillée possible. Ainsi la première opinion attribue son origine à la couronne des empereurs byzantins 1; faisant un premier commentaire sans approfondir encore la pensée des chercheurs, nous oserions affirmer que cette opinion semble documentée et logique si on se rappelle qu'elle était initialement destinée au seul patriarche. La seconde opinion se base sur le mouvement de l'érémitisme, dont le camelaucium ( καμμελαύκιον ) 2 remplaça le skiadion ( σκιάδιον ) monastique 3 qui avait l'aspect d'un bonnet à bord. La troisième et dernière opinion concerne les partisans de la tradition judaïque, selon lesquels son origine remonte à l'Ancien Testament, à l'accessoire dont le Grand-Prêtre se recouvrait la tête, la cidaris ( κίδαρις ) 4ou en hébreu mitznefet 5.

Cépendant, avant de commencer l'examen de cet accessoire utilisé dans le culte, nous jugeons indispensable, suivant de nombreux chercheurs, de nous étendre sur la description des couvre-chefs des peuples du Proche-Orient ainsi que de la Grèce et de la Rome antique car nous croyons qu'eux aussi ont contribué pour une part sinon à leur élaboration, du moins ont exercé une influence dans la forme initiale ou en tant qu'idée, sur les couvre-chefs religieux. Ainsi, le fait de se couvrir la tête soit dans un but religieux soit pour des raisons de pratiques de protection ou autres était assez répandu. En effet, pour commencer par les peuples du Proche-Orient, on se couvrait la tête aussi bien pour des raisons stylistiques, surtout en raison de la coiffure des cheveux, que pour des raisons professionnelles. Ainsi, à l'époque du règne d'Hammourabi 6, les hommes employaient le kidaris pour couvre-chef. Il était aussi indispensable aux gens de métier 7, vu qu'il servait de signe distinctif de leur qualité professionnelle. Il importe de noter que les couvre-chefs avaient un tel écho dans le peuple qu'il y en avait une grande variété 8. Autre peuple du Moyen-Orient, les Perses utilisaient un couvre-chef fait de feutre 9, qui avait la forme d'un fez et était appelé tiare 10. Puis un autre peuple oriental, les Phrygiens, adoptèrent cette coiffure aux Perses mais lui conférèrent leur propre style. En effet, contrairement à la tiare perse, le bonnet des Phrygiens 11, s'il conservait quelques similitudes, prenait une forme différente, surtout quand on le portait. En particulier, le bout qui dépassait était rond et quand on le portait, il tombait sur le devant 12, de plus sa coupe était telle que la partie qui s'appliquait sur le front pouvait s'enrouler autour de lui, formant ainsi un ruban rappelant une couronne, et les coins en ressortant couvraient les oreilles 13.

Nous allons maintenant entrer dans l'espace grec, où, à l'exception de la Macédoine, le but recherché était purement pratique. Au début, en son absence, l'habitude était de se couvrir la tête avec l'extrémité supérieure de l'himation 14. Puis les couvre-chefs les plus ordinaires étaient au nombre de deux. Le premier s'appelait pétase 15et était l'accessoire par excellence des voyageurs et des promeneurs. Sa forme était en demi-sphère, et s'appliquait de cette façon entièrement sur la tête, étant un chapeau à large bord 16, fabriqué en feutre. L'autre, dont l'usage était tout aussi répandu, était le pilos 17. Il s'agissait d'un chapeau pratique également, de forme conique et sans bord 18, et il constituait le signe distinctif des artisans et en général de tous les travailleurs manuels. Formant une exception dans l'espace grec, la Macédoine employait la kausia ( καυσία ) 19, qui était un bonnet plat 20 et large s'adressant aussi bien à tout le monde qu'aux rois et à la classe supérieure en général, la différence résidant dans la couleur, pourpre pour ces derniers 21.

Passant à l'occident et plus particulièrement à Rome, où nous observons que règne à peu près la même conception des couvre-chefs qu'en Grèce, ce qui n'a rien d'étonnant à la suite de sa conquête par l'empire romain, à une différence cependant, qui réside surtout dans la part religieuse: durant divers rituels 22, prêtres et fidèles se couvraient la tête. A Rome, la façon la plus habituelle consistait à le faire avec le bout qui dépassait de la toge 23, très probablement par piété. De plus, dans le quotidien, on remarque que règne exactement la même préférence qu'en Grèce. Ainsi, le pétase s'emploie pour se protéger du soleil 24, et ceux qui ont un travail manuel portent le pilos ou pilleus 25en latin. Il nous préciser en outre que le pilleus avait à Rome une signification symbolique car quand c'étaient des esclaves qui le portaient, il constituait un signe de leur affranchissement 26.

Après avoir exposé les couvre-chefs dominants dans l'Antiquité, lesquels influèrent peut-être sur la forme de la mitre, nous traiterons de leur usage en tant qu'accessoires purement cultuels. Ainsi, à l'époque de l'Ancien Testament, le couvre-chef était indispensable lors des rituels. La première mention de la nécessité de se couvrir la tête se trouve dans le livre de l'Exode (29,6), où Dieu ordonne à Moïse, en plus des autres vêtements liturgiques, d'en fabriquer un pour la tête « tu poseras le mitre sur sa tête, tu mettras l'insigne de consécration sur le turban ». Cette citation d'un texte si important liée aux affirmations de chercheurs sur l'origine judaïque de la mitre rend impérative l'étude des couvre-chefs des Hébreux. Flavius Josèphe est là encore très descriptif et nous aide grandement à nous faire une idée claire de ces objets. Nous jugeons cependant indispensable de noter qu'il nous faudra décrire tout d'abord le couvre-chef du prêtre étant donné que Josèphe, pour celui du Grand-Prêtre, souligne simplement les différences entre les deux. Ainsi, mentionnons en bref que le prêtre porte un bonnet dont le sommet n'est pas pointu comme le pilos à forme conique, et occupe une partie de la tête 27 à partir de la moitié et au-dessus. L'auteur des Antiquités judaïques décrit ce couvre-chef comme étant un simple bonnet - pilos - auquel la pointe conique (appelée masnaemphthès ) 28manque complètement. Il est arrangé de façon à ressembler à une couronne 29, consistant en un épais ruban fait d'un tissu de lin; car, comme il s'enroule plusieurs fois, il est cousu autant de fois. En venant maintenant à la coiffe du Grand-Prêtre, la différence réside dans la présence d'une seconde coiffe sous la coiffe principale, qui était de couleur mauve et dont la couture était recouverte d'une couronne d'or, composée de trois cercles successifs; sur cette couronne, un calice d'or rappelait la plante appelée  saccharon ( σάκχαρον ) 30, shakruna en araméen 31. Il y avait aussi sur cette partie du vêtement sacerdotal une lame ( έλασμα ) 32, que les Septante traduisirent par le mot πέταλο d'or sur lequel étaient gravés en relief les mots kados ladonaï 33, exprimant la dédicace à Dieu 34. A propos de ce diadème ornemental, nous signalons simplement la mention qui en est faite dans la Patrologie grecque, par Epiphane de Constantia 35, d'après lequel Jésus portait cette même lame. En en venant maintenant à la période byzantine, où l'institution de l'empereur était désormais bien instaurée, il est facilement concevable que ce dernier, étant la suprême autorité séculière, portait sur la tête un accessoire spécial, symbolisant son pouvoir, la couronne du sacre. Cette conception va dans le sens de l'opinion qu'émettent certains chercheurs sur la provenance de la mitre à partir de la couronne impériale. Cette opinion se base sur l'affinité morphologique des couronnes des Paléologues 36. Mais certains la réfutent en rappelant que leur origine est purement orientale, vu qu'elles sont inspirées des couvre-chefs seigneuriaux adoptés comme les césariques (kaisarikia) 37, toujours dans la même période. La mitre avait une base circulaire, sa forme était en demi-sphère et au point où se croisaient les bandes de tissu, c'est-à-dire au sommet, était placée la croix 38.

Nous en avons fini avec l'analyse des opinions existantes, à part celle sur l'influence monastique, en raison du manque de sources, bien qu'il ne soit pas exclu qu'il en aille de même que pour la ceinture comme nous l'avons signalé au chapitre en question. Quant à trouver la date de l'introduction de la mitre en tant qu'accessoire de la tenue des patriarches, il est extrêmement difficile de donner des éléments précis du fait qu'elle ne se trouve pas mentionnée de manière claire. Pour commencer, on peut souligner que la mitre, bien qu'étant un élément indispensable de la tenue des seuls patriarches, n'était portée par eux qu'à l'extérieur de l'église 39, car, comme nous en informe Syméon de Thessalonique, tout prélat, y compris le patriarche, devait célébrer les D. Liturgies le chef à découvert, «C'est tête nue que tous les prélats et prêtres de l'Orient, sauf le patriarche d'Alexandrie, célèbrent la liturgie sacrée, non pour une raison de peu de poids mais pour une raison bien plus élevée et plus divine » 40. Cette conception régnait dans la majorité des Eglises d'Orient à l'exception du patriarcat d'Alexandrie parce que, toujours suivant Syméon de Thessalonique, d'une part « Ce que le prêcheur de Dieu Paul enjoint et enseigne, en appelant notre tête le Christ, et nous ses membres, qu'il faut en honorant notre tête, le Christ, tenir nos têtes non couvertes quand nous prions » 41, et d'autre part suivant saint Denis « Et que nous qui avons été ordonnés, nous n'ayons pas de mitre sur la tête, mais l'Evangile sacré » 42.

Après avoir cité ces témoignages incontestables, nous comprenons que, si les règles vestimentaires de la mitrophorie imposaient purement pour des raisons de respect religieux que les Patriarches la portent toujours à l'extérieur de l'église, le patriarche d'Alexandrie constituait une exception. Les textes patristiques confirmant cette opinion, avec en premier Syméon de Thessalonique, non certes dans l'ordre chronologique car il est postérieur, mais parce qu'il fait clairement mention aussi bien du nom de Cyrille que du Concile où celui-ci portait la mitre: « Cyrille le grand d'Alexandrie reçut du concile le droit d'avoir un vêtement sur sa tête, ce qu'il avait demandé pour des raisons de santé. D'autres disent qu'il reçut ce droit du pape lors du troisième concile » 43. Par conséquent, en tant que partie de la tenue des patriarches, la mitre était en usage déjà avant le III e concile œcuménique (431), ce qui est confirmé par le fait que Cyrille assista au concile en tant que président , portant la mitre sur sa tête 44. Sur le plan morphologique, sa description se révèle difficile en raison de l'absence de sources mentionnant clairement sa forme. Néanmoins, à la relecture du passage d'Epiphane de Constantia et en le reliant aux dates de sa vie, nous pensons avec toute réserve que durant la période chrétienne primitive, la mitre avait pris sa forme sous l'influence de la tradition judaïque. De plus, c'est peut-être pour cette raison que le patriarcat d'Alexandrie adopta la mitrophorie durant la D. Liturgie, exactement de la même façon que le Grand-Prêtre juif. Donc l'usage de la mitre à l'intérieur de» l'église avait peut-être déjà commencé avant Cyrille d'Alexandrie.

L'auteur conviendra donc lui aussi ici avec la conclusion de Vl. Phidas sur le fait de la mitrophorie des patriarches bien avant le schisme du 12 e siècle 45, et sur son usage par le patriarche d'Alexandrie à l'intérieur de l'église. Un Typikon qui, durant de nombreux siècles comme nous allons le voir, n'était pas accepté par les autres patriarcats, dont le patriarcat œcuménique parce qu'ils considéraient que l'influence de l'Eglise occidentale 46 joua un rôle déterminant dans son application. Cette conclusion se trouve confortée par le témoignage incontestable de Jean Chrysostome, qui stigmatise l'emploi de la mitre, dont nous voyons sans conteste qu'il se rapporte clairement à sa signification liturgique: « Terribles et des plus effrayants, les choses d'avant la grâce, telles que clochettes, glands en forme de grenade, pierres précieuses sur la poitrine et sur l'épômis, la mitre, la tiare, le chiton podérês, la lame d'or, le saint des saints, le grand calme à l'intérieur » 47, exhortant les fidèles et bien sûr bien plus encore les prélats à entrer dans l'église sans porter la mitre car, comme nous l'avons mentionné, la tête de l'Eglise était et est le Christ. Nous nous devons de souligner ici pour éviter tout malentendu ou toute compréhension erronée, que le saint Père ne refuse pas l'emploi de la mitre mais stigmatise la mitrophorie à l'intérieur du sanctuaire par ce qu'il pense que cela constitue un acte d'impiété qu'y pénètrent la tête couverte aussi bien les fidèles que les prêtres et les prélats.

Bien que les deux Eglises aient inclus la mitre dans leur habillement, chacune d'elles l'élabora suivant son propre style. Ainsi, en Orient et à Alexandrie, la mitre était pointue 48, alors qu'en Occident, elle était conique, ce qui lui fit progressivement prendre son aspect actuel de Tiare 49. Mais sur la date précise où il constitua un accessoire officiel de la tenue de notre patriarche œcuménique, nous ne savons rien mais il y a un témoignage digne de foi qui, bien que daté, ne nous aide pas à la situer dans le temps. Il provient du concile de Constantinople (869-870) 50, au cours duquel fut lue la lettre du patriarche de Jérusalem qui contenait les noms des vêtements sacerdotaux envoyés, dont la mitre en question. « Nous avons envoyé la tunique longue et l'épômis avec la mitre, la tenue sacerdotale de Jacques le frère de Dieu, pour ta tête vénérée, avec un vase sacré du trésor de la Sainte-Résurrection, un cratère d'argent avec une représentation ciselée, pour la bénédiction de notre Eglise » 51. Arrivé à ce point, il nous faut tirer notre première conclusion avant la conclusion finale de cette étude. Il est donc aisé de comprendre que la mitre a commencé en tant qu'élément exclusif de la tenue des patriarches et a continué ainsi jusqu'à la prise de Constantinople.

Mais la situation change au 15 e siècle, où il fut progressivement permis aux autres prélats de porter la mitre, mais après avoir obtenu la permission spéciale du patriarche de leur Eglise. Tout prélat négligeant le commandement patriarcal la portait de manière arbitraire se trouvait confronté à de graves peines ecclésiastiques 52. Ainsi en alla-t-il de l'archevêque Laurent du Sinaï 53, qui fut destitué non seulement parce qu'il avait arbitrairement pris l'initiative de porter la mitre mais parce qu'il avait ignoré les recommandations initiales qui lui avaient été faites. Au cours du temps, la situation changea du tout au tout. On remarque qu'à la fin du 18e siècle, les patriarches se firent plus souples si bien que la mitre est employée par tous les prélats mais certes pas par les diacres ni par les prêtres. C'est ainsi que le patriarche œcuménique Gérasime III 54 (1795) permit à tous les prélats de porter la mitre, même quand ils concélébraient la liturgie avec lui. C'est durant cette période que nous pensons que ce vêtement sacerdotal prit sa forme finale, ainsi que son ornementation impressionnante.

Après avoir exposé le plus possible d'opinions pour les analyser, nous pouvons déduire que la mitre constitua jusqu'à la prise de la Ville régnante un accessoire de la tenue du patriarche, peut-être fondé sur la tradition judaïque où l'autorité suprême correspondante, le Grand-Prêtre, portait une coiffure impressionnante même à l'intérieur de la demeure du Témoignage. Remarquons simplement ici que, étant donné que c'était un commandement de Dieu que le Grand-Prêtre porte un couvre-chef, depuis lors les Hébreux considéraient comme un acte d'impiété et par extension comme un péché 55 de prier sans se couvrir la tête. C'est sans doute par ce typikon que furent influencés l'Eglise catholique romaine et le patriarcat d'Alexandrie, ce qui suscita l'aversion des autres patriarcats. Les écrits de Jean Chrysostome que nous avons cités en sont la marque, de même que le témoignage de Pierre III d'Antioche « Pour te continuer l'énumération des défauts romains... Et nous aussi, nous mettons une Garara sur la tête en l'honneur du plus grand des apôtres, de Pierre, sur lequel la grande Eglise de Dieu est édifiée » 56, qui manifestent leur mécontentement non de la mitrophorie mais du fait d'entrer dans l'église en ayant cet accessoire sur la tête.


1) Archim. Stefanides Vas., ‘I ton autokratorikon endymaton tou Vizantiou epidrasis epi ton archieratikon amfion (I palea kai i nea theoria)',, p.20.

2)Olympiou Nicolaos , Iera kimilia tou Panagiou Tafou, chrysokentita,V.I, p.323.

3) Op. cit., p.323.

4) Ibid.

5)Oeconomou Ilias, Archéologia ke thesmologia tis vivlikis palestinis , p.353.

6)Lagakou Nelli, I endymasia dia mesou ton eonon , p.77.

7)Gwendolyn Leick , Les babyloniens , p.178.

8) Ibid.

9)Lagakou Nelli, I endymasia dia mesou ton eonon , p.78.

10)Norris Herbert , Church Vestments their Origin & development p.96.

11)Papaevagelou S. Pan., I diamorfosis , p.44.

12)Norris Herbert , Church Vestments their Origin & development , p.96.

13) Ibid.

14)Horst Blanck , Isagogi stin idiotiki zoi ton archeon ellinon ke romeon , p.104.

15) Op. cit., p.105.

16) Op. cit., p.104.

17)Papaevagelou S. Pan., I diamorfosis , p.42.

18)Horst Blanck , Isagogi stin idiotiki zoi ton archeon ellinon ke romeon , p.105.

19)Papaevagelou S. Pan., I diamorfosis , p.43.

20)Horst Blanck , Isagogi stin idiotiki zoi ton archeon ellinon ke romeon , p.105.

21) Ibid.

22) Op. cit., p.128.

23) Ibid.

24) Op. cit., p.129.

25) Ibid.

26) Ibid.

27) Rev. Wharton B. Marriot , Vestiarium Christianum ., p. 3.

28)Flavios Iosipos , Ioudaiki archéologia , p.75.

29) Ibid.

30) Op. cit., p.81.

31) Op. cit., p.285.

32)Ilias Oekonomou, Archéologia ke thesmi stin vivliki Palestini. , p.353.

33) Ibid.

34)Ibid.

35)Adversus Haereses I, XXIX. PG 41, 396A.

36)Zografou-Korre Katerina , Metabyzantini-Néoelliniki ekklisiastiki chrysokentitiki , p.58.

37) Ibid.

38) Ibid.

39)Vl. J. Phidas , Ekklisiastiki Istoria , III, p.230.

40)Exposition de divino temple , 35. PG 155, 716D.

41) Ibid.

42)Responsa ad Gabrielem Pentapolitanum , Quaes.XXI . PG 155, 873B.

43)Responsa ad Gabrielem Pentapolitanum, Quaes.XX. PG 155, 872D.

44)Vl. J. Phidas , Ekklisiastiki Istoria , III, p.230.

45) Op. cit., p.232.

46) Ibid.

47)De Sacerdotio, III. PG 48, 642D.

48)Vl. J. Phidas , Ekklisiastiki Istoria , III, p.232.

49) Ibid.

50) Op. cit., p.233.

51)Mansi , XVI, 313-316.

52)Vl. J. Phidas , Ekklisiastiki Istoria , III, p.234.

53) Ibid.

54)Ezekiel, évêque de Théssaliotis et Phanariopersalon, ‘I amfiesis ton klirikon', p.220.

55)Medici Paolo , Thriskia ke ethi ton evreon is aplin romaikin , trans. Antonio Vortolis, Venise 1755, p.68.

56)Epistolae, 6. PG 120, 800B.

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